Portrait de Françoise Hoffmann

Françoise Hoffmann façonne des textiles singuliers en feutre hybride « nuno », entremêlant fibres de laine cardée et tissus choisis. En jouant sur les matières, les teintes et les impressions, elle explore un vocabulaire artistique vaste et sensible.

Vue de l’atelier de Françoise Hoffmann
Geste artisanal à l’atelier
« Quelque chose dans la matière m’a profondément touchée ; le feutre est un médium humble, mais j’ai compris qu’il pouvait devenir le véhicule de ma créativité. Il y a même un sentiment de nomadisme à travailler le feutre, un lien entre d’autres pays et d’autres époques. »
Françoise Hoffmann - Mode d’Emploi

Sur le chemin humble du feutre

Formée à la chapellerie dans les années 1990, Françoise a contribué à faire reconnaître le feutre comme matière d’art, créant à la fois des œuvres à contempler et des pièces à porter.

Sa vocation est née lors d’une exposition muséale consacrée au feutre traditionnel et à la laine — un choc visuel et une révélation. En 2008, elle a été nommée Maître d’Art par le ministère de la Culture en hommage à son savoir-faire d’exception et à sa démarche pionnière.

Pour elle, ces matières résonnent avec la féminité et la maternité ; ces thèmes, portés par une profonde éthique environnementale, irriguent l’ensemble de ses créations.

Entretien avec Françoise Hoffmann

Qu’est-ce qui vous touche le plus dans votre métier ?

Le feutre est un amalgame de fibres naturelles. Il offre une immense liberté : celle d’y incorporer de la soie, de la mousseline, pour en métamorphoser la texture et la tenue. C’est une attention de chaque instant, un véritable dialogue avec la matière.

Pouvez-vous évoquer une pièce marquante ?

L’une de mes créations les plus emblématiques est le « Manteau – Mode d’emploi », conçu pour mettre en scène le questionnement récurrent autour de mon travail : qu’est-ce que cest ? comment est-ce fait ? Ces questions et leurs réponses font partie intégrante de l’œuvre.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

Je puise mon inspiration dans ce que je ressens et observe. Les lieux m’inspirent profondément ; j’utilise la photographie pour capturer puis restituer mes perceptions. Il y a presque toujours un lien avec un espace vécu. Vient ensuite le geste : comment le donner à voir ?

Comment définiriez-vous votre démarche ?

Le feutre incarne le passage du temps — venu du Néolithique, il évoque l’histoire, le mouvement et l’abri. C’est cela que je veux transmettre. Ce n’est pas la grande Route de la Soie, mais il y a tant à découvrir sur le chemin humble du feutre.

L’atelier & la transmission

Dans son atelier d’Aurec-sur-Loire en Haute-Loire, les fibres brutes se transforment au fil d’une alchimie d’eau, de friction et de geste.

Depuis 2002, Françoise transmet également cette expertise rare lors de stages individuels, de résidences et de masterclasses internationales.

Atelier et gestes de Françoise Hoffmann